Qu'est-ce qu'un OBO exactement ?

L'OBO (Owner Buy Out) est une variante du LBO (Leveraged Buy Out) dans laquelle l'acheteur et le vendeur sont la même personne — le dirigeant. Concrètement :

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OBO ≠ cession d'entreprise

Dans une cession classique, vous vendez votre société à un tiers et partez. Dans un OBO, vous vous vendez à vous-même via une holding. Vous sécurisez une partie de votre patrimoine (liquide, diversifié) tout en conservant le contrôle et la dynamique de développement de l'entreprise.

Le montage pas à pas

1

Valorisation de l'OpCo

Un expert-comptable ou un CGP évalue la société (multiple d'EBITDA, DCF). Ce prix doit être conforme aux conditions de marché — le fisc vérifie qu'il n'y a pas d'acte anormal de gestion.

2

Création de la holding (NewCo)

Généralement une SAS ou SARL. Le dirigeant la capital­ise avec son apport personnel (20 à 40 % du prix de rachat), et y associe parfois son conjoint ou des enfants majeurs.

3

Financement bancaire (dette senior)

La banque prête à la holding en se basant sur la capacité de l'OpCo à générer des dividendes. Durée typique : 5 à 7 ans. Les banques acceptent généralement 60 à 75 % du prix si l'EBITDA est stable.

4

Rachat des titres et versement au dirigeant

La holding rachète 100 % des titres de l'OpCo. Le dirigeant reçoit le prix de cession, paie la flat tax sur sa plus-value (30 %), et dispose du solde net.

5

Remboursement via les dividendes OpCo → Holding

Chaque année, l'OpCo verse ses dividendes à la holding. Grâce au régime mère-fille, 95 % sont exonérés d'IS. La holding utilise ces flux pour rembourser l'emprunt bancaire.

Pourquoi des dirigeants font un OBO

Un OBO répond à des situations concrètes que beaucoup de dirigeants de 50-65 ans rencontrent :

La fiscalité de la cession à la holding

Le dirigeant cède ses titres à la holding à prix de marché. La plus-value réalisée (prix de cession − prix d'acquisition) est imposée comme toute cession de valeurs mobilières :

Régime Taux global Conditions
Flat tax (PFU) 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) Par défaut — s'applique automatiquement
Barème progressif IR TMI + 17,2 % PS (- CSG déductible) Sur option globale — avantageux si TMI ≤ 11 %
Abattement renforcé dirigeant Jusqu'à 85 % d'abattement sur la PV Titres acquis avant 2018, départ en retraite dans les 2 ans, barème IR
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Prix de cession : impératif de cohérence

La cession entre le dirigeant et sa propre holding doit se faire au prix de marché réel. Un prix surévalué constituerait un acte anormal de gestion taxable à l'IS chez la holding. Un prix sous-évalué serait une libéralité imposable. Une valorisation professionnelle formalisée est indispensable.

Le moteur du remboursement : le régime mère-fille

Une fois la holding constituée, elle détient 100 % de l'OpCo. Les dividendes versés par l'OpCo à la holding bénéficient du régime mère-fille (article 145 et 216 du CGI) :

C'est ce mécanisme qui rend l'OBO bancable : la holding génère des flux quasi-nets d'impôt pour rembourser l'emprunt. Sur un EBITDA de 500 000 €, après IS de l'OpCo (~375 000 € nets), la holding peut récupérer jusqu'à 300 000 € de dividendes annuels avec un frottement fiscal infime.

→ Pour approfondir ce mécanisme : Holding patrimoniale SARL : fiscalité optimisée

Conditions pour qu'un OBO soit bankable

Les banques ne financent pas n'importe quel OBO. Voici les critères habituellement examinés :

Critère Seuil indicatif
EBITDA annuel ≥ 300 000 – 500 000 € (en dessous, les banques sont réticentes)
Stabilité des résultats 3 à 5 ans de résultats récurrents et positifs
Levier (dette / EBITDA) Généralement plafonné à 4 à 5 × l'EBITDA
Apport du dirigeant 20 à 40 % du prix de rachat (capitaux propres holding)
Présence post-OBO Le dirigeant doit rester en fonction (clause contractuelle fréquente)
Ratio dette nette / EBITDA (DSCR) Annuité ≤ 60 à 70 % des dividendes annuels disponibles

OBO et transmission familiale : le bonus

L'OBO est souvent utilisé comme première étape d'une stratégie de transmission. Dès la création de la holding, le dirigeant peut :

Donation à ses enfants : la stratégie des 15 ans

Pacte Dutreil : transmettre son entreprise à -75 %

Les risques à ne pas sous-estimer

Le risque de levier excessif

Si les résultats de l'OpCo se dégradent (crise, perte d'un client majeur, marché qui se retourne), les dividendes disponibles pour rembourser l'emprunt baissent. La holding peut se retrouver en difficulté de remboursement sans autre actif pour faire face. C'est le risque structurel du LBO.

L'abus de droit

L'administration fiscale peut requalifier un OBO en abus de droit si le montage est artificiel ou si son seul but est d'éviter l'impôt. Le prix de marché doit être réel, le rôle de la holding substantiel (gestion effective), et les flux économiques cohérents. Un accompagnement juridique et fiscal rigoureux est non négociable.

La garantie personnelle

La banque demandera quasi-systématiquement une garantie personnelle du dirigeant sur l'emprunt de la holding. En cas de défaillance, son patrimoine personnel peut être engagé. Cette garantie doit être dimensionnée et éventuellement couverte par une assurance.

Le coût du montage

Un OBO mobilise des conseils : avocat d'affaires, expert-comptable, banquier d'affaires parfois, CGP. Compter entre 1 et 3 % du prix de cession en honoraires. Ce coût est réel mais largement inférieur aux économies réalisées sur un patrimoine bien structuré.

Simulateur OBO — Estimer les grandes lignes

Simuler mon OBO

Estimation indicative — les résultats réels dépendent de la valorisation retenue et des conditions bancaires.

Capital social + primes apportés à l'origine

OBO ou apport-cession : lequel choisir ?

Les deux opérations servent à sécuriser des liquidités depuis son entreprise, mais elles ont des logiques différentes :

OBO Apport-cession (150-0 B ter)
Liquidité immédiate ✓ Oui (sous déduction de l'apport dans la holding) ✗ Non — report d'imposition, réinvestissement obligatoire
Impôt sur la PV Flat tax 30 % immédiatement Report de la flat tax (jusqu'à la cession future)
Maintien dans l'entreprise ✓ Oui — le dirigeant reste ✓ Oui — mais souvent dans l'optique d'une cession finale
Contrainte de réinvestissement Non Oui — 60 % du produit de cession dans des PME éligibles sous 2 ans
Levier bancaire ✓ Fort — emprunt holding Non applicable

Apport-cession et 150-0 B ter : éviter la flat tax sur cession

Un OBO, ça se prépare 12 à 24 mois à l'avance

Valorisation, structuration de la holding, montage bancaire, optimisation fiscale : chaque étape compte. Si votre entreprise est rentable et que vous pensez à votre sortie, c'est maintenant qu'il faut commencer à réfléchir — pas six mois avant la signature.

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