C'est la question que me posent le plus souvent les dirigeants de PME du Pas-de-Calais. Et la réponse honnête est : les deux outils sont complémentaires, pas concurrents. Mais selon votre tranche marginale d'imposition, votre horizon de retraite et vos objectifs de transmission, l'un ou l'autre prend la priorité — ou la répartition change.
Voici un comparatif complet, sans jargon inutile, pour vous aider à y voir clair.
Le PER en bref : une carotte fiscale puissante à l'entrée
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) a remplacé en 2019 les anciens contrats Madelin et PERP. Son principe est simple : les versements sont déductibles de votre revenu imposable, ce qui réduit immédiatement votre impôt sur le revenu.
Pour un TNS (travailleur non salarié) ou un dirigeant assimilé salarié, les plafonds de déduction sont généreux :
- Pour un TNS : jusqu'à 10% du bénéfice imposable + 15% supplémentaires entre 1 et 8 PASS, soit des dizaines de milliers d'euros par an selon votre revenu
- Pour un dirigeant assimilé salarié : 10% de la rémunération brute, dans la limite de 8 PASS
- Les plafonds non utilisés des 3 dernières années sont reportables
Un dirigeant TNS avec un bénéfice imposable de 150 000 euros peut verser jusqu'à environ 37 000 euros sur son PER et déduire cette somme de son revenu. À une TMI de 41%, c'est près de 15 000 euros d'impôt économisés dans l'année.
Le PER est donc un outil de réduction d'impôt immédiate. Plus votre tranche marginale d'imposition est élevée, plus il est intéressant.
La contrepartie du PER : l'argent est bloqué jusqu'à la retraite
Ce qui entre dans le PER n'en ressort — en principe — qu'à la retraite. Il existe des cas de déblocage anticipé (invalidité, décès du conjoint, acquisition de la résidence principale, surendettement, expiration des droits chômage), mais ils restent des exceptions.
Pour un dirigeant qui veut conserver une flexibilité totale sur son épargne, c'est une contrainte réelle. Si vous anticipez avoir besoin de ces fonds avant 60-65 ans pour un projet d'entreprise, un investissement immobilier ou tout autre usage, le PER n'est pas la bonne enveloppe.
À la sortie, au moment de la retraite, vous avez le choix :
- Sortie en capital (en une fois ou de manière fractionnée)
- Sortie en rente viagère
- Une combinaison des deux
Le capital récupéré est imposé à l'IR pour la partie correspondant aux versements déductibles, et les gains sont soumis à la flat tax (30%). En résumé : vous payez l'impôt à la sortie, pas à l'entrée. Si vous êtes moins imposé en retraite qu'en activité (ce qui est souvent le cas), l'opération est fiscalement gagnante.
L'assurance vie : moins d'avantage fiscal à l'entrée, plus de souplesse
Contrairement au PER, les versements sur une assurance vie ne sont pas déductibles. L'avantage fiscal intervient à la sortie (après 8 ans, grâce à l'abattement sur les gains) et à la transmission (152 500 euros par bénéficiaire hors succession).
Ce que l'assurance vie offre que le PER n'offre pas :
- Liquidité totale : vous pouvez racheter (retirer) à tout moment, sans condition
- Transmission optimisée : hors succession, avec un abattement de 152 500€ par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans
- Fiscalité douce en retraite : si bien gérée, les retraits peuvent être quasi-exonérés d'impôt grâce aux abattements
- Pas d'imposition à l'entrée ni à la sortie sur les gains non retirés : vous ne payez qu'en cas de rachat
Comparatif direct : PER vs assurance vie pour un dirigeant
PER — Pour qui ?
- Vous êtes fortement imposé (TMI 41% ou 45%)
- Vous n'aurez pas besoin de ces fonds avant la retraite
- Vous voulez réduire votre impôt cette année
- Vous prévoyez une retraite avec revenus plus faibles
- Vous avez des plafonds non utilisés à rattraper
Assurance vie — Pour qui ?
- Vous voulez conserver la liquidité de votre épargne
- Vous souhaitez optimiser la transmission à vos héritiers
- Votre TMI est modérée (11% ou 30%)
- Vous anticipez des retraits avant la retraite
- Vous avez déjà saturé votre plafond PER
La stratégie que j'observe chez la plupart des dirigeants du Nord
Dans la pratique, la majorité des dirigeants de PME que j'accompagne dans le Pas-de-Calais — à Béthune, Lens, Arras et alentours — ont avantage à combiner les deux enveloppes, avec une répartition qui dépend de leur situation fiscale.
Un schéma courant :
- Le PER absorbe chaque année une partie de la capacité d'épargne, dans la limite du plafond de déduction, pour réduire l'impôt immédiat
- L'assurance vie reçoit le surplus, notamment les montants qui pourraient être nécessaires avant la retraite ou destinés à la transmission
- La holding (quand elle existe) peut utiliser un contrat de capitalisation pour les excédents de trésorerie d'entreprise
Il n'y a pas de réponse universelle. Un dirigeant à 41% de TMI avec 20 ans avant sa retraite n'a pas la même stratégie optimale qu'un dirigeant à 30% avec 5 ans avant la cession de son entreprise.
Un point souvent négligé : la sortie en capital du PER
Depuis la loi PACTE, le PER permet de sortir intégralement en capital à la retraite, contrairement aux anciens contrats Madelin qui imposaient une rente. C'est un changement majeur qui rend le PER beaucoup plus intéressant pour les dirigeants qui veulent disposer librement de leur capital à la retraite.
Vous pouvez par exemple sortir progressivement en capital sur plusieurs années, en pilotant le niveau d'imposition chaque année, et placer le surplus dans une assurance vie pour la transmission. Cette combinaison, bien orchestrée, permet de minimiser la fiscalité globale à la retraite.
PER ou assurance vie ? La bonne réponse commence par un bilan de votre situation : tranche marginale d'imposition, horizon retraite, objectifs de transmission, liquidités nécessaires. Ce n'est qu'en posant ces éléments que l'on peut construire une stratégie vraiment adaptée.
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