Si vous avez ouvert un Plan Épargne Logement en mars 2011, votre banque vous a peut-être déjà contacté, ou va le faire bientôt. La raison : la loi prévoit la clôture automatique des PEL à 15 ans. Les plans ouverts depuis le 1er mars 2011 atteignent donc leur échéance en ce moment même, en 2026.
Ce qui se passe concrètement : à la clôture, votre PEL est automatiquement transformé en livret d'épargne classique, au taux fixé par votre banque dépositaire. Autrement dit, votre capital ne disparaît pas, mais il ne bénéficie plus du taux garanti du PEL, ni d'aucun avantage spécifique.
C'est le bon moment pour se poser la question : que faire de cet argent ?
Un rappel sur la fiscalité des PEL récents
Pour les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018, les règles sont claires et peu avantageuses :
- Plus de prime d'État
- Les intérêts sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 12,8 % dès la première année, sans attendre
- Les prélèvements sociaux s'appliquent en plus, à hauteur de 17,2 % pour les intérêts acquis depuis le 1er janvier 2026
Au total, la taxation des intérêts dépasse 30 % pour les PEL récents. Ce produit n'a donc plus rien d'un placement fiscalement avantageux. Il s'agit avant tout d'un produit de précaution ou d'une épargne de projet immobilier qui, dans bien des cas, n'a jamais servi à financer ce projet.
Si votre PEL arrive à échéance et que vous n'avez pas de projet immobilier imminent, laisser l'argent sur un livret bancaire classique serait probablement la moins bonne des options.
Option 1 : l'assurance vie, pour faire travailler le capital sur le long terme
L'assurance vie reste l'enveloppe de référence pour un épargnant qui veut à la fois de la souplesse et une fiscalité favorable dans le temps. Vous pouvez récupérer vos fonds à tout moment, et après 8 ans de détention, les rachats bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) sur les gains.
Pour les fonds libérés d'un PEL, c'est souvent la première option à considérer, notamment si :
- Vous n'avez pas besoin de cet argent à court terme
- Vous souhaitez transmettre un capital à vos proches dans de bonnes conditions fiscales
- Vous voulez accéder à des supports d'investissement diversifiés (fonds en euros, unités de compte)
Option 2 : le PER, si vous êtes fortement imposé
Si vous avez une tranche marginale d'imposition élevée (41 % ou 45 %) et que vous n'aurez pas besoin de ces fonds avant votre retraite, verser une partie des fonds libérés dans un Plan Épargne Retraite peut générer une économie d'impôt immédiate significative.
Les versements volontaires sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite des plafonds légaux. Si vous avez des plafonds non utilisés des trois années précédentes, vous pouvez les rattraper. Cela peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros de déduction selon votre situation.
La contrepartie : les fonds sont en principe bloqués jusqu'à la retraite. C'est donc à réserver à la fraction de votre épargne dont vous n'aurez pas besoin avant.
Option 3 : les SCPI, pour accéder à l'immobilier sans les contraintes
Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) permettent d'investir dans l'immobilier professionnel ou résidentiel à partir de quelques milliers d'euros, sans gestion locative, sans travaux, sans recherche de locataires. En contrepartie, vous percevez des loyers réguliers, généralement trimestriels.
Pour des fonds libérés d'un PEL, les SCPI présentent plusieurs avantages :
- Ticket d'entrée accessible, souvent entre 1 000 et 5 000 euros par part
- Rendement moyen autour de 4 à 5 % brut selon les SCPI, sans effort de gestion
- Possibilité de les loger dans une assurance vie pour optimiser la fiscalité des revenus
- Diversification géographique et sectorielle (bureaux, commerce, santé, résidentiel)
C'est une alternative sérieuse à l'immobilier en direct pour quelqu'un qui veut du rendement immobilier sans les contraintes du propriétaire bailleur.
Option 4 : combiner assurance vie et SCPI
Dans la pratique, les deux enveloppes se complètent bien. L'assurance vie apporte la souplesse, la fiscalité avantageuse à la sortie et les outils de transmission. Les SCPI, logées à l'intérieur du contrat en tant qu'unités de compte, apportent du rendement immobilier régulier sans sortir de l'enveloppe fiscale.
Cette combinaison est particulièrement adaptée pour des fonds libérés d'un PEL que vous souhaitez faire travailler sur le moyen terme, avec un profil de risque modéré et un besoin de revenus complémentaires à terme.
La vraie question n'est pas "où mettre cet argent ?" mais "à quoi sert cet argent dans ma stratégie patrimoniale globale ?". La réponse dépend de votre âge, de votre fiscalité, de vos projets et de ce que vous avez déjà en place.
Quelle option choisir selon votre profil ?
Ce que votre banque va probablement vous proposer
À la clôture du PEL, votre conseiller bancaire va certainement vous orienter vers les produits maison : leur propre assurance vie, leur propre PER, ou un contrat de prévoyance. Ce n'est pas nécessairement mauvais, mais cela mérite d'être comparé.
Un conseiller patrimonial indépendant n'est lié à aucun établissement. Il peut comparer les contrats du marché, vérifier que la solution proposée correspond vraiment à votre situation fiscale, et vous accompagner dans la durée sans conflit d'intérêts.
La clôture d'un PEL, ce n'est pas une contrainte. C'est une occasion de remettre à plat votre stratégie d'épargne et de décider, à tête reposée, comment faire travailler ce capital de façon plus intelligente.
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